Misophone : Une catégorie de personnes qui ne supportent pas les bruits de mastication – Recettes en Famille

Misophone : Une catégorie de personnes qui ne supportent pas les bruits de mastication

by Emma

C’est désagréable d’entendre certains bruits, comme des sifflements ou du bruit de mastication. De plus, ce phénomène peut impacter le système nerveux d’un sujet, on parle de misophonie. Une personne misophone devient anxieuse et manifeste à un moment donné des réactions comportementales alarmantes à cause de simple bruit jugé courant. On vous en dit plus.

C’est normal d’être gêné en entendant des bruits désagréables mais le cas de misophone est un cas plus accentué. En cause, le fait d’entendre le bruit impacte la fonction nerveuse et la personne ne le supporte vraiment pas. Il est à noter que ce phénomène est loin d’être relatif à une sensibilité auditive, ni à une dysfonction des tympans et ni même à des acouphènes.

Définition de la misophonie

La misophonie est un trouble anxieux qui découle d’un bruit, de résonances de cuillère ou de fourchette, le cliquetis d’un stylo ou même d’un bruit de mastication. Certains sujets endurent une irritabilité lorsque le bruit est récursif, et donne lieu à un calvaire auditif. Littéralement, la « misophonie » signifie « la haine du son ». Ce phénomène implique un trouble anxieux à en croire à LCI. Michel Cymes, médecin affirme chacun est misophone mais seul le degré qui différencie la perception du bruit. Ce médecin de renom est lui-même gêné par certains bruits et il estime que la population française représente près de 15% de misophones. Quant à Jérôme Palazzolo, psychiatre, un simple agacement par un bruit n’implique pas une misophonie. Puis de nuancer : « En revanche, il y a nécessité d’intervenir lorsque cela a un impact sur le mode de fonctionnement de l’individu, sur son comportement ; bref, lorsque ces bruits vous gâchent littéralement la vie ! ». La raison ? Un son répétitif est susceptible d’altérer le bien-être de ses entourages.

L’origine de la misophonie

Ce trouble d’anxiété se traduit par une réponse de manière irritée et colérique lorsqu’on entend des sons bruyants. Tout comme les troubles obsessionnels compulsifs ou les phobies, des signes similaires comme la nervosité et l’anxiété, peuvent découler d’un stimuli sonore jugé insupportable. Le médecin atteste « Nous sommes des organismes complexes, dont la santé mentale varie en fonction de réactions biochimiques qui ont lieu dans notre cerveau ». Chaque personne produit des neurotransmetteurs qui apportent des informations d’un neurone à un autre et ce, de manière constante. A l’instar d’autres troubles nerveux, la misophonie peut découle d’une sécrétion en excès ou d’une déficience en sérotonine ou de dopamine. Il ne s’agit pas d’un problème d’audition, raison pour laquelle il ne faut pas consulter un médecin ORL.

La gestion de la misophonie

La misophonie est évitable. Et pour cause, les médecins peuvent prescrire des médicaments dans le but de stabiliser la production de neurotransmetteurs. Selon Jérôme Palazzolo ; « L’intervention thérapeutique doit réellement s’envisager à plusieurs niveaux ». Il ajoute par la suite que le fait de « connaître le fonctionnement d’une cellule de foie, ne permet pas de comprendre quelle est l’action de cet organe dans sa globalité. De même, connaître la dynamique d’un groupe ne permet pas de comprendre comment chacun de ses membres réagit individuellement. On ne peut donc aborder la misophonie que si on la considère au centre d’un réseau d’interactions multiples ». L’origine de ce problème est à la fois biologique et de la personnalité de l’individu misophone ainsi que de son entourage. Si l’individu est vulnérable au stress et que son environnement est anxiogène, la chance d’endurer cette sensation inconfortable peut être élevée et le prive de détente dans le quotidien.

Il est essentiel de modifier les comportements non adaptés pour pallier à ce désagrément. Selon le spécialiste, la misophonie est de résultat de plusieurs facteurs qui peuvent frôler des paramètres biologiques et environnementaux. Cela explique pourquoi elle est remédiable à l’aide de médicaments antidépresseurs. En cause, ces derniers ont des effets opérants sur la sécrétion de sérotonine. Par ailleurs, les médecins conseillent une thérapie cognitivo-comportementale (TCC), un procédé qui consiste à établir à l’avance un plan d’action en compagnie de son thérapeute ou d’un psychiatre. Le principe est de « modifier directement les comportements désadaptés afin de permettre à la personne qui souffre de misophonie de se libérer rapidement des symptômes qui la font souffrir », peut-on lire sur les affirmations de l’expert. La technique a comme but d’omettre les comportements manifestés lorsque le patient entend des bruits, à savoir que cela n’influe pas pour autant sa vie quotidienne. Dans le cadre de cette action, le praticien a comme rôle de mieux conscientiser les pensées et les sentiments du patient à l’instant. De surcroît, ces séances de traitement contribue tout de même à identifier le moment où mes signes apparaissent, de repérer les répercutions sur la vie sociale de la personne misophone et d’identifier la réaction des voisinages. L’accompagnement du praticien permet d’éliminer le trouble notamment présent dans un environnement envahi par le stress.

Les conséquences de la misophonie

Selon Alana Biggers, spécialiste en médecine interne, ce trouble anxieux est signe de modifications cérébrales quand le patient misophone entend le son qui le perturbe. Et à cet intervalle de temps, le cerveau active une réaction combative et essaie de fuir au bruit en manifestant une réaction colérique et angoissée ou même un état dépressif.

Les types de sons qui déclenchent les symptômes de misophonie

Les bruits les plus connus pour être source de ce trouble sont innombrables, notamment  le bruit de mastication, ou d’autres sons qui viennent de la bouche, de quelqu’un qui déguste une boisson, qui avale une nourriture, un raclement de gorge ou un claquement des lèvres. En outre, il existe aussi d’autres bruits, comme le claquement des portes de voiture, d’une page qui se tourne, d’un reniflement ou le bruit de l’écriture. Pour certains patients de misophonie, le trouble s’active en entendant des bruits d’oiseaux, de grillons ou le bruit d’autres animaux. Il existe aussi des facteurs visuels comme le déplacement des pieds ou de cheveux sans cesse et le fait de se frotter le nez.

Les personnes à risque à la misophonie

Ce trouble anxieux demeure méconnu actuellement mais plusieurs présomptions scientifiques sont instaurées. Ce qui est sûr, c’est qu’il présente une liaison étroite à d’autres conditions. Dans ce sens, les personnes qui endurent des troubles obsessionnels compulsifs, le syndrome de la Tourette ou des troubles anxieux sont susceptibles de manifester la misophonie. Les personnes qui endurent un acouphène sont tout de même à risque. Comme l’explique Barron Lerner, c’est une maladie à part entière qui se manifeste en parallèle à d’autres affections. Souvent, les personnes misophones ont été regroupées avec les sujets anxieux, phobiques et concernées par d’autres troubles mentaux. Mais en général, c’est une maladie à part entière qui se manifeste entre 9 et 12 ans. En sus, les personnes avec un Q.I en hausse ont plus de chances de manifester cette maladie, mais aussi les femmes.

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