Los Angeles : Une maison de 6 m2 destinée aux sans abris – Recettes en Famille

Los Angeles : Une maison de 6 m2 destinée aux sans abris

by Emma

Récemment, les SDF de Los Angeles peuvent bénéficier de micro-habitation à 6500 dollars. La construction des maisons se fait en seulement 90 mn.

Ces maisons préfabriquées sont installées sur un parking sis à Los Angeles. Baptisé «tiny homes», ou minuscules maisons, leur nombre accroissent au fil des temps pour venir en aide aux personnes dans une condition précaire et sans logement fixe. La détresse de ces catégories de personnes est visible dans toute la cité, notamment dans la métropole californienne.

Sur ce sujet, on compte 76 de ces mini habitations rétribuées par la ville dans le quartier de Tarzana. Avec 6 m2 de dimension, la maison est équipée de deux lits, d’étagères, d’un climatiseur et d’un chauffage. Le prix est de 6.500 dollars et la durée de fabrication est de 90 minutes. Des toilettes et douches communes sont mises à disposition des personnes qui souhaitent bénéficier ce ce projet. Elles ont accès à des machines à laver dernier cri installées sous des parasols et en face de grandes tables orange vif. L’apparence donne lieu à un camping en pleine air.

Une offre renouvelable tous les trois mois

Selon Rowan Vansleve, directeur financier de l’ONG Hope of the Valley et gérant de la nouvelle communauté, pour détacher les gens de cette situation précaire, le programme commence par «une bonne douche chaude, un repas adapté et un plan d’action de travail». Puis de mettre en avant, «le projet leur octroie une mini-maison et vous allez travailler sur ce programme le temps qu’il faudra». De manière théorique, l’offre est trois mois renouvelables le moment pour la personne de trouver une habitation fixe, comme le précise Brandon Hanner, responsable des lieux pour l’ONG. En début de l’année 2021, ce type de « village » a été ouvert pour la première fois à Los Angeles avant que celui des autres contrées est mis à disposition. Récemment, des initiatives du même ressort ont été entamées en Californie, notamment à San Jose et à Seattle (Washington).

A Tarzan, Zuri-Kinshasa Maria Terry, âgée de 46 ans, a commandé une mini-maison. Cette femme affirme qu’elle s’est retrouvée dans les rues il y a un an, alors qu’elle vient de passer deux semaines de soins intensifs. En cause, elle a contracté le coronavirus. Depuis deux mois, elle s’impatiente à habiter cette maison hors du commun. Lors de son interview, cette ancienne strip-teaseuse s’émue « Je ne réalise pas encore », avec un grand sourire.

Les réactions ont atténué

La maison permet aux SDF de vivre une certaine intimité mais le plus intéressant, c’est que les personnes en situation précaire sont sécurisées dans leur mini-maison. Ce qui n’est pas le cas sous leurs tentes dans la rue. Une femme, qui actuellement souhaite se formée en tant qu’agent immobilier affirme que la sécurité est le plus grand atout de ce projet, tout en sachant que les SDF sont loin de rester paisible au quotidien. Le village fait l’objet de surveillance 24h/24. Dans le cas où les résidents ne possèdent pas la clé à portée de main, ils peuvent verrouiller la porte de l’intérieur, comme le précise M. Vansleve. Et plus encore, ces personnes ont accès à des médecins et des psychologues, et trois repas par jour leur sont offerts.

Les réactions des SDF se voient mitigées, selon les organisations travaillant auprès d’eux. Ces maisonnettes pourraient traduire une vie positive selon Mayer Dahan, fondateur du Dream Builders Project. Cependant, le concepteur reste indécis puisque la tendance semble se pencher vers la « résolution des symptômes plutôt que les problèmes sous-jacents». Sachez que les causes de difficultés à Los Angeles, «c’est qu’il y a trop peu de logements abordables pour que les gens quittent ces refuges pour un logement permanent », à en croire à Shayla Myers, de Legal Aid Foundation of Los Angeles.

Fini les campements

Mme Myers est reconnaissante du fait que c’est une meilleure option temporaire en assistance à certaines personnes. Pourtant, elle juge que ces habitations sont «incroyablement chères» au regard de leur coût de fonctionnement. Elle estimant alors que la Californie doit s’engager encore plus au profit de ces gens en situation hasardeuse. «On ne peut pas résoudre la crise des personnes sans-abri sans s’attaquer aux racines, qui sont la pauvreté, l’inégalité dans la répartition des richesses et un manque d’options de logements abordables», conclue le personnel de Legal Aid Foundation of Los Angeles.

Cela étant dit, la ville semble vouloir accélérer pour mettre fin aux trottoirs des campements. Pour lutter contre la crise, la directive d’un juge a été transmise avec dureté en ce qui concerne le plan d’action choisi, celui de trouver une habitation pour une grande majorité d’entre eux d’ici l’automne. Selon Zuri-Kinshasa Maria Terry, elle estime que les mini-maisons ne constituent pas la solution idéale, mais pour l’heure, «ça fait l’affaire ». Puis de conclure que se trouver dans la rue, «c’est la chose la plus terrifiante au monde ».

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